La toute première interview de ce blog a été réalisé avec Maxime Lucu concernant le jeu au pied et l’art du tir au but !

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MAXIME LUCU INTERVIEW

On va commencer tout de suite, et simplement je vais te demander peut-être de te présenter et de présenter un petit peu ton parcours, les différents clubs par lesquels tu es passé.

Maxime Lucu: Oui d’accord. Du coup je m’appelle Maxime Lucu. J’ai 25 ans et je suis né à Saint-Jean-de-Luz. Donc du coup j’ai commencé le rugby à l’âge de 6 ans à Saint-Pée-sur-Nivelle, un village à côté, où je vis depuis 25 ans. Et ensuite je faisais l’entente  à Nivelle avec Saint Jean-Ascain-Sare, parce qu’on était pas assez dans les clubs pour faire des catégories Cadet et passer à 23 joueurs. Donc on s’est mis en entente jusqu’à 18 ans, Balandrade première année. Et ensuite j’ai été repéré pour aller à Biarritz en Crabos de deuxième année, où j’ai signé et j’ai fait mon année Crabos, mes deux années Reichel, une année Espoirs, et là ça fait quatre ans que je joue en première du coup, à Biarritz.

Ok. Du coup, bon Saint-Pée-sur-Nivelle c’est… Il y avait peut-être des personnes qui situent pas trop par rapport au pays Basque, mais c’est finalement assez proche de Saint-Jean-de-Luz, de Biarritz, de Bayonne, de ce coin-là quoi?

MAXIME LUCU: Oui c’est ça c’est à 10 minutes de Saint-Jean-de-Luz en fait. C’est un village à côté. Et c’est à un quart d’heure-20 minutes de Biarritz aussi. C’est un village juste aux alentours, pas loin d’Arbonne et de tout ça. Les villages un peu collés aux grandes villes du pays Basque qui sont Bayonne, Saint-Jean, Biarritz et tout ça. C’est à côté quoi. Un peu à l’écart.

Oui. Donc t’as fait un peu tout ton rugby au pays Basque au final?

MAXIME LUCU: Oui c’est ça, oui. J’ai fait tout mon rugby là-bas oui. À Saint-Pée jusqu’à 18 ans, licencié jusqu’à l’âge de 18 ans, et après à Biarritz.

OK, très bien. Je te demandais du coup, t’as commencé le rugby très tôt, à l’âge de 6 ans. À partir de quel âge tu as commencé à buter?

MAXIME LUCU: J’ai pas trop de souvenirs, mais bon je sais que très tôt, je dirais Benjamin, pas Poussin parce qu’on était très jeunes, mais Benjamin je pense où on venait, on avait les entraînements le mercredi aprèm, l’après-midi commençait. Et donc du coup on venait un peu plus tôt  juste taper, enfin faire bêtement mais tu sais, faire les 22, taper doucement. C’est de là un peu que c’est venu il me semble, si j’ai les souvenirs. Et après, où j’ai commencé vraiment c’est en Cadet. Où, quand je suis arrivé en Cadet, ils m’ont demandé -j’étais en équipe B- ils m’ont demandé un peu de prendre le but parce qu’on commençait à buter. Et c’est là en fait que je me suis entraîné et j’ai tapé plus sérieusement, en m’entrainant beaucoup plus. En faisant moins le con. En travaillant sérieusement.

[Rires] D’accord. Du coup qu’est-ce-qui t’as amené un petit peu à faire ce geste? Est-ce  que c’est une transmission familiale, où il y a peut-être un buteur qui t’as marqué dans ton enfance?

MAXIME LUCU: Non pas forcément. Quand j’ai commencé le rugby, je savais très bien que j’allais pas jouer devant parce que j’étais je pense le plus petit de l’équipe jusqu’en Minimes. Donc forcément après je suis passé derrière, et on me demandait de taper un peu les coups de pied de renvoi quand on était en Minimes et tout ça. Donc après c’est venu un peu naturellement. Comme quand t’es un peu enfant: t’as envie de taper du ballon un peu au foot et tout ça. Et donc après je me mettais devant les poteaux, et avec les copains on allait taper. C’est comme ça que c’est venu, après j’ai pas eu trop de demandes de plus haut, enfin de de ma famille ou comme ça. C’est juste moi qui m’y suis mis dedans et après, quand on m’a proposé de buter en Cadet et tout ça, j’ai dit “Pourquoi pas?”. Et c’est là que j’ai commencé à le prendre au sérieux un peu. C’est venu un peu tout seul.

Ouais, naturellement, petit à petit quoi.

MAXIME LUCU: Oui, voilà c’est ça.

Alors avant de t’appeler, j’ai trouvé une interview de toi sur le site Branchezrugby, il me semble.

MAXIME LUCU: Ouais en fait ce site-là aussi, il est en train de se développer, et en fait ils avaient appelé le Biarritz Olympique pour avoir une interview avec moi et du coup moi j’avais accepté. Et c’est vrai que sur le coup ils m’avaient posé plein de questions sur le but, et je le trouvais pas mal. Et ce que j’ai dit là, c’est par oral, mais lui il l’a transmis par écrit quoi.

Très bien. Oui donc j’avais cru lire que c’est un membre de ta famille qui t’accompagnait aussi au niveau du jeu au pied quand tu étais dans les catégories jeunes, c’est ça?

MAXIME LUCU: Oui, voilà c’est ça. Quand je suis arrivé en Cadet après, ben il fallait, un peu comme tout le monde, une façon de taper, voir laquelle était la mieux un peu. Et du coup, mon oncle a joué à Biarritz dans les années 90, pendant deux années, et il était très bon buteur. Et en fait du coup, vu qu’il s’occupait de l’école de rugby, il me voyait taper un petit peu, quand je suis monté Cadet on est parti faire quelques séances, où il m’a appris un peu comment lui tapait. Et moi j’ai pris un peu en fonction et j’ai pris mes pas, et donc c’est venu comme ça. J’ai fait mes premiers “cours de buts” on va dire entre guillemets avec lui.

D’accord, très bien. Et est-ce que tu te souviens, alors c‘est une petite question nostalgie, est-ce que tu te souviens avec quel tee tu as commencé toi à buter?

MAXIME LUCU: Ouais. Avec le plot, un peu comme bute Lionel Beauxis, je sais pas si tu vois.

Un plot tout simple quoi.    

MAXIME LUCU: Oui, les plots d’entraînement, j’ai un peu commencé avec ça.

On est nombreux à avoir commencé comme ça je crois.

MAXIME LUCU: [Rires] Ouais, c’est ça, en premier. Moi je me rappelle, je prenais à l’entraînement, je prenais le plot là du tas, j’en prenais un, j’allais prendre le ballon et je tapais une dizaine voilà, pour rigoler avec les autres. Et au début j’ai commencé avec ça oui.

D’accord, très bien. Oui, on reviendra sur la question du tee un tout petit peu plus tard. Donc tu butes depuis environ les Cadets, donc c’est quoi c’est 15-16 ans à peu près?

MAXIME LUCU: Ouais je crois que c’est ça. C’est moins de 16 ans, ouais c’est ça. 15 ans j’ai commencé.

Oui donc ça fait environ 10 ans que t’as cette responsabilité là, en gros?

MAXIME LUCU: Oui c’est ça, exactement. Après, quand je suis arrivé à Biarritz en jeune et tout ça, c’était pas moi le numéro un, mais je continuais à m’entraîner parce que j’aimais bien ça, et puis c’était important pour la suite quoi.

D’accord, très bien. Donc cette année, plus précisément, tu formes la charnière avec un autre buteur, qui est Pierre Bernard. Et du coup, j’aimerais juste  poser une question pour savoir comment ça se décide, ou c’est décidé, de qui prendra le but. Est-ce que c’est de semaine en semaine, suivant le feeling? Ou est-ce qu’il y a vraiment un buteur attitré tout au long de l’année?

MAXIME LUCU: Ben, pour revenir avant Pierre en fait, moi quand je suis arrivé en première, ça s’est décidé… Parce que sur le terrain, quand ils me mettaient titulaire, j’étais un peu l’un des seuls à taper. Il y avait Benoît Baby, mais Benoît baby n’était pas le buteur numéro un en fait. Donc ils l’ont mis pour me décharger un peu. Sauf que Benoît se sentait pas forcément bien avec le but, donc j’ai commencé à le prendre petit à petit. Et en fait, durant ces trois années, je me suis retrouvé numéro un parce qu’il y avait pas forcément de buteur qui était numéro un attitré auparavant. Et en fait là, l’arrivée de Pierre, et le niveau qu’il a: il est sauteur de l’équipe de France, et puis le pourcentage de réussite qu’il a, ça s’est fait un peu rapidement. On séparait les deux, je savais très bien que lui venait pour prendre cette responsabilité-là, et donc moi j’ai accepté sans trop rien dire. Je m’en fichais un petit peu. Au contraire, moi ça me permettait de me concentrer un peu sur moi. Et du coup, non non, on a vu avec les coachs et c’est Pierre, ça a été décidé que c’était Pierre, et que moi je continue à m’entraîner. Et que ça allait venir quand Pierre n’allait pas jouer, ou quand il allait être remplaçant, ou quand il allait être blessé. Et c’est très bien comme ça. Après, je me prends pas du tout la tête en tout cas.

Oui, d’accord. Donc du coup, au Biarritz Olympique, tu as connu, alors c’est entre grosses guillemets, le statut de numéro un pour le tir au  but. Aujourd’hui, un peu plus numéro deux. Est-ce que pour toi ça change quelque chose dans ta manière de t’entraîner ou ta manière de préparer un match?

MAXIME LUCU: Je disais, en gros, quand j’ai le pas de but avant le match c’est Pierre qui l’a, forcément l’entraînement, l’échauffement d’avant-match il est différent. Je bute beaucoup moins, j’ai moins cette pression de me mettre à l’aise devant le but. Donc je me concentre sur mon jeu au pied de neuf à spécifique, les jeux par dessus et tout ça. Les passes, les choses comme ça. Par contre quand il y a le but, forcément que je m’entraîne un peu plus à buter, à me rassurer devant les perches avant le match. Donc oui, suivant le but ou non, la préparation du match différencie suivant ce qu’il faut se préparer et se mettre en tête, ça c’est sûr.

Oui, d’accord. Donc là on a parlé effectivement de la préparation du match spécifiquement. Et j’avais une question plus par rapport au déroulé de la semaine, au niveau de tes entraînements au niveau du tir au but. Est-ce que tu t’entraînes à buter tous les jours? Tous les deux jours? Est -ce que tu fais un peu au feeling aussi?

MAXIME LUCU: Oui, je fais pas tous les jours parce qu’on a des entraînements quand même qui sont assez regroupés. Donc du coup c’est vite difficile de trouver du temps dans la matinée. Et après les entraînements, il faut pas forcément s’entraîner beaucoup parce qu’on a beaucoup couru et tout ça, et que c’est un peu fausser la qualité du jeu au pied. Donc j’essaie de m’entraîner quand je le peux, souvent comme tu dis tous les deux jours. Je fais souvent le lundi quand on arrive. Je faisais souvent une séance parce que le lundi matin c’est un peu léger. On fait pas forcément beaucoup d’entraînement. Donc je trouve une petite demi-heure pour aller taper, me régler et tout ça, et prendre un peu de plaisir aussi. Et ensuite le mardi, vu que c’est une journée continue souvent et un peu costaud, je m’entraîne pas parce que ça sert pas forcément à quelque chose. Et ensuite le mercredi matin, jour de repos, on a une séance spécifique buteurs avec Laurent Mazas.

Oui, Laurent Mazas, je me rappelle assez bien parce qu’en 2002 il a crucifié Agen en… C’est quoi, en prolongations de finale?

MAXIME LUCU: C’est ça oui. Du coup il y a souvent des défis de drop avec lui.

Et donc du coup, au niveau des entraînements, tu le conçois plutôt de manière solitaire, avec d’autres buteurs comme Pierre Bernard ou d’autres? Comment ça se passe en général?

MAXIME LUCU: Le lundi, j’aime beaucoup aller tout seul. J’aime bien me concentrer sur moi, et pas trop parler à côté et perdre de temps. Et puis j’aime bien me concentrer et tout ça, et puis ça permet de s’évader un petit peu. Par contre le mercredi on est souvent tous ensemble et c’est pas mal aussi parce que ça permet de faire quelques défis. On a 10 ballons, voilà 10 ballons différents et des choses comme ça, et tu te mets à 10 endroits différents, et c’est des pénalités que tu peux avoir en match ou des transformations, et t’as qu’une seule chance. Du coup ça c’est pas mal pour changer d’entraînement et se mettre un peu un état d’esprit différent que quand tu vas buter tout seul, où tu peux en louper une dizaine et c’est pas grave parce que t’as le prochain qui arrive. Donc c’est deux approches différentes, mais qui sont bien aussi parce que ça permet de sortir de la routine quoi.

Oui, oui, c’est des approches assez complémentaires, et c’est vrai que c’est important de recréer parfois des petites conditions de match. Parce qu’effectivement, en match il y a une opportunité à un endroit, et puis si on la loupe on la re-tape pas. J’avais justement écrit un petit bout d’article dessus, parce que c’est quelque chose que je trouvais pas souvent chez les buteurs, et c’est important de se mettre parfois dans des petites conditions de match, des petits défis. Je trouve que ça aide vachement.

MAXIME LUCU: C’est ça oui, exactement. On le fait pas souvent, mais c’est vrai que Pierre Bernard il a amené ça c’est année, ou je pense qu’il a dû le faire dans d’autres clubs. Et il disait: “Ben voilà, on se fait 10 ballons et on voit qui c’est qui gagne, qui c’est qui a le meilleur taux de réussite.” Et c’est vrai que ça sort un peu de la routine, enfin de te rassurer et tout ça. Et des fois t’as des pénalités faciles en match et que tu t’entraînes pas le weekend et bien tu la loupes. Donc c’est pas trop mal.

Oui, je vois ce que tu veux dire. D’ailleurs j’avais pensé à cette idée, j’aimerais écrire dessus justement parce que il y a beaucoup de buteurs qui commencent à buter, il se mettent dans des endroits improbables. Et 15 mètres en face, parfois ils les oublient  et c’est là où on stresse le plus.

MAXIME LUCU: C’est exactement ça oui. Et c’est vrai que je les faisais pas du tout, et depuis que Pierre est arrivé, on le fait plus souvent et c’est pas mal.

Et du coup, donc au niveau des entraînements, tu es suivi par Laurent Mazas. Et je posais la question par rapport à Gonzalo Queseda, lui qui a accompagné les buteurs en équipe de France sous l’ère Lièvremont je crois. Est-ce qu’il vous accompagne aussi au niveau du jeu au pied? Ou lui c’est vraiment plus au niveau manager général, etc?

MAXIME LUCU: Le jeudi là, on a la mise en place souvent quand le vendredi, ou quand ça diffère le mercredi, on a la mise en place et souvent on s’entraîne à buter le mercredi une demi-heure comme ça. Et là il reste sur le terrain parce qu’il est là. Et il nous amène quelques conseils. Je sais que moi il m’a beaucoup aidé aussi dans le jeu couronne de neuf ou la façon de taper, finir devant, enfin des choses basiques. Mais c’est vrai son apport dans ça est complètement différent, et ça amène quelque chose. Après, on l’embête pas forcément parce qu’il a énormément de boulot à côté, donc il est pas forcément là. C’est vrai que la présence de Lulu l’aide je pense. Mais forcément, quand il a un truc à dire il est là, mais pas non plus derrière nous tout le temps, comme il a pu l’être je pense avec l’équipe de France.

Oui d’accord, je comprends bien. Mais du coup, au niveau des méthodes et des outils d’entraînement, est-ce que vous avez quelque chose d’un peu spécial? Est-ce que, par exemple, vous utilisez la vidéo pour avoir un feedback et regarder un petit peu les passants de butée?

MAXIME LUCU: Ben Lulu là, Laurent Mazas, il utilise pas mal son portable. Il se met derrière, devant, et en fait il regarde un peu la qualité des pas et puis la qualité du pied d’appui, et puis aussi la frappe, comment tu finis: si t’es en arrière, si tu finis devant, si tu lèves pas forcément la tête trop vite, ou des choses comme ça. Il prend des vidéos et il nous montre juste après la frappe, sans savoir si elle est passée ou non, mais il nous dit: “Là je pense qu’elle est passée parce que la frappe était bonne. Là je pense qu’elle est pas passée.” Ou alors: “T’as de la chance qu’elle soit passée parce que tu t’es retrouvé un peu en arrière.” Des choses comme ça. Et après, quand on est le jour du match, on a les vidéos du match donc on a quand tu butes. Donc après il prend la vidéo et il regarde quand tu as loupé ce qui n’est pas allé. Ce qui a pas été. Et comment le corriger.

D’accord. Et finalement, la vidéo c’est quand même un apport, un outil que vous utilisez assez souvent j’ai l’impression du coup?

MAXIME LUCU: Oui, forcément. On utilise pas mal la vidéo pour corriger. C’est je pense l’outil le mieux pour voir ce qui s’est passé quand tu loupes. Parce que quand tu loupes un coup de pied, il y a forcément quelque chose qui s’est passé. Sauf vraiment quand il y a un peu de vent qui est gênant, et là, la frappe peut différer. Mais sinon, quand tu la loupes, il y a forcément quelque chose qui s’est déréglé et qui a pas été. Donc on regarde ce que c’est. Pas forcément tout le temps, mais ça arrive pas mal de fois oui.

Oui, c’est un outil qu’il est bon d’avoir dans son bagage. Donc on va ensuite aborder  la question du matériel, et notamment du tee. Alors j’ai lu, il me semble dans l’article du site Branchezrugby que t’avais testé plusieurs tees, c’est bien ça? T’as commencé à tester plusieurs tees assez tôt chez les Cadets, ou plus tard?

MAXIME LUCU: J’ai commencé en fait à taper en Cadet avec le plot là, et j’ai fait toute l’année avec le plot. Sauf que j’étais pas forcément régulier, je tapais jamais forcément de la même manière. Et donc en fait, j’ai essayé plusieurs tees, parce qu’au bout d’un moment ça me trottait dans la tête. Et du coup je me suis dit: “Bon, je vais essayer d’autres tees pour voir ce que […]

Ces plusieurs tees, là je pense que tu parlais du tee télescopique, comme celui de Camille Lopez ?

Voilà c’est ça. Télescopique, oui c’est ça. Et en fait j’ai essayé celui-là, j’ai essayé… Mais avec celui-là j’envoyais beaucoup de… J’arrivais pas forcément aux poteaux, j’envoyais beaucoup trop de chandelles en fait. Du coup j’arrivais pas forcément à taper. Après j’ai essayé les tees avec les dents. Donc là il y en a plusieurs de taille en fait, de hauteur. Il y en a qui sont ras  l’herbe. Il y a le noir, qui est un peu plus élevé, et ensuite il y a le combiné, le bleu et le vert, que celui-là aussi tu peux tourner et monter. Et donc en fait j’ai essayé ceux-là, et celui qui me revenait le mieux, et où je tapais le mieux en fait, c’est celui où je tapais à ras de terre, avec le vert quoi, à ras l’herbe. C’est où j’avais le plus de précision, et où je tapais le plus facilement possible. Et donc du coup je me suis entraîné avec celui-là. J’ai gardé celui-là depuis, et depuis, là, tout se passe bien.

Du coup, donc là tu utilises le tee Gilbert, je crois que le modèle c’est le 320. Tu l’utilises depuis combien de temps celui-là, ce petit vert Gilbert?

MAXIME LUCU: Et bien depuis la première année Cadet en fait, la fin de l’année, quand on était en phase finale en fait. Du coup je me suis entraîné avec celui-là, et depuis là j’ai gardé celui-là.

Oui, c’est important de l’avoir en tête, et c’est aussi une idée que j’essaie de développer dans un article: c’est qu’on peut très bien changer de tee au cours d’une saison et d’une carrière. Récemment là, j’ai remarqué que Maxime Machenaud avait pris un tee un peu plus bas, du coup le Gilbert noir, et qu’il avait délaissé le bleu et le vert. Voilà, on voit des ajustements, et c’est pas impossible, c’est important de tester parce que souvent on prend un tee. On se pose pas la question. On prend le même tee que l’idole et puis voilà. C’est important de tester.

MAXIME LUCU: C’est ça. C’est ça en fait qui est différent, il faut vraiment… À un moment au début, j’arrivais pas à taper, je me dis: “Bon”. En fait je prenais plus de plaisir quoi. Donc je me suis dit: “Bon voilà, je vais essayer avec d’autres.” Et vu que je commençais à buter, je me suis dit que bon, c’est le moment de le faire. Et c’est vrai qu’après, même dans ma carrière, si on est amené à changer de tee, il faut pas hésiter, parce que c’est pour toi aussi, c’est pour la réussite de l’équipe aussi. Donc voilà, moi pour l’instant j’ai trouvé celui-là. Mais c’est vrai qu’un jour ou je peux plus parce que je sais pas, j’ai un problème de hanche, ou j’arrive plus à taper avec celui là ou des choses comme ça, faudra peut-être changer. Des trucs comme ça quoi. Faut vraiment se mettre au niveau.

Oui. Est-ce que t’as testé plusieurs tees, mais de taille basse finalement? Parce que c’est des tees de petite taille qui te correspondent. Je pense notamment à celui de Dan Carter, qui est assez bas. Est-ce que t’as été amené à tester ce genre de tee?

MAXIME LUCU: Non par contre ces tees-là, de Dan Carter et tout ça, qui viennent un peu je pense de l’hémisphère Sud, j’ai jamais trop testé. J’ai testé par contre celui de Wilkinson, le bleu là. Parce que je savais pas lequel était le mieux. Et en fait, j’arrivais pas forcément non plus, j’étais pas forcément à l’aise. C’était un peu plus dur pour moi. Donc j’ai essayé que celui-là, et c’est vrai que les autres j’ai pas forcément essayé, et j’en ai jamais eu en main. Peut-être il faudrait que j’essaie, mais c’est vrai que je me suis jamais posé la question par rapport à ceux-là non.

Oui parce que du coup cette question amène la suivante: est-ce que du coup, bon tu utilises le petit tee vert Gilbert, est-ce que tu as plusieurs exemplaires dans ton sac pour des exercices particuliers? Ou t’en as qu’un seul?

MAXIME LUCU: Non, j’en ai trois de celui-là en fait, le même. En fait, le club est partenaire avec Gilbert je crois, et en fait reçoit les tees. Et donc quand je suis arrivée en première en fait, j’avais le Monty là, le même depuis… Bon j’en avais acheté un autre, mais c’était en gros le même depuis 5-6 ans je pense. Et je suis arrivé en première et ils ont vu que je butais avec celui-là en fait et ils m’ont dit: “On reçoit les affaires Gilbert et tout ça, et si tu veux on peut te commander des tees.” Du coup en fait c’est là que j’ai… J’amène les trois, ou du moins deux, au match, et du coup j’utilise les deux.

D’accord, OK. Oui donc tu as plusieurs exemplaires du tee. Bon, on a fait un petit peu toutes les questions moi que j’avais par rapport au tee. L’importance de tester plusieurs tees pour trouver celui qui te correspond. J’ai d’ailleurs essayé d’écrire un article dessus: comment bien choisir son tee. Parce que finalement c’est vraiment le seul outil spécifique du buteur. Je voulais ensuite te parler des crampons. Est-ce que le fait que tu sois buteur influence le choix de tes crampons? Parce que voilà, il y a quand même une importance de se sentir bien et d’être au niveau, pour avoir un certain feeling aussi au niveau des pieds. Donc est-ce que ça influence ton choix?

MAXIME LUCU: C’est une bonne question  parce que quand je suis arrivé en première, je me posais pas du tout la question. J’avais les crampons avec lesquels j’étais à l’aise. C’était les Tiempo en fait, avec lesquels j’étais à l’aise. Et j’achetais toujours les mêmes un peu, bon des différents, mais sans me poser la question du but et tout ça. Mais en fait, quand je suis arrivé en première, c’était pas forcément les vrais crampons en fait. J’achetais les crampons chez Intersport, des choses commes ça, des magasins qu’il y a à Bayonne et tout ça. Et du coup c’était pas forcément les vrais. Le vrai cuir. Du coup, j’ai eu des discussions avec des joueurs en première, j’étais un peu loin de tout ça, et ils me parlaient en gros de l’importance des crampons. L’importance du ressenti du cuir en fait, le ballon, des choses comme ça. C’est encore plus important quand t’es buteur la qualité des crampons, parce que t’as la réponse du cuir par rapport au ballon, la frappe, et tout ça. Et c’est vrai que si t’as des faux crampons, des faux cuirs, elles ont tendance à s’abîmer, et quand tu butes, à avoir moins de réponse. Donc à partir de là, la première année je me suis mis un peu avec mon agent et je lui ai demandé d’avoir des crampons vraiment de qualité. Et depuis là, en fait, je suis passé à des Adidas, et ça a complètement changé de qualité quoi.

Tu es passé à des Adidas, à des Predator?

MAXIME LUCU: Oui c’est ça.

Justement, j’allais te poser la question parce que je regardais des petites vidéos que j’ai trouvé à propos de toi sur Youtube. Il me semblait qu’à un moment donné, tu avais des Nike. Alors je me suis peut-être trompé.

MAXIME LUCU: Oui, c’est ça. En fait la première année, j’étais en Nike en fait, toujours. Et c’est là en fait qu’ils sont venus un peu vers moi, parce que j’étais pas… C’était pas forcément à cause de ça, mais j’étais pas forcément régulier, et je me posais la question. J’avais des crampons un peu… Où tu mettais du scotch et tout. C’était pas forcément sérieux quoi. Du coup oui, moi j’étais vraiment loin de ce qui était entre guillemets “bling-bling”. J’avais mes crampons, j’ai pas forcément… Vu la vérité que j’allais jouer en première. Donc je suis arrivé là et je jouais vraiment, sans me prendre la tête ou les nerfs, mais c’est vrai que là j’ai compris que si je voulais passer pro, il y avait beaucoup de détails qui comptaient. Et en fait, j’ai essayé Adidas, et là c’est vrai que je me suis senti beaucoup mieux, et la qualité des crampons, et la qualité du pied dedans aussi, j’ai trouvé vraiment bien. Je me sentais bien. Après, il y a des Nike… J’avais pas les vrais Nike, donc forcément si j’avais testé les Nike , les vrais, peut-être que je serais resté en Nike. Mais c’était un peu cher aussi. J’avais pas forcément les moyens d’acheter autant de crampons et tout ça, donc je me suis mis à Adidas avec mon agent. Enfin, ils m’envoient là. J’ai pas de sponsors mais ils m’envoient les crampons. Et depuis, je me sens très bien.

Oui oui. Oui parce que c’est important pour les buteurs, il y a quand même une grosse différence entre, on va dire la moyenne gamme, aux alentours de 100 euros, qu’on trouve comme tu disais dans les Intersport, et les “vrais” entre guillemets qui coûtent parfois 200 euros. Bon, si on cherche bien sur Internet on trouve des réductions. Mais c’est vrai que pour les buteurs c’est quand même primordial d’avoir des souliers capables de, voilà comme tu disais, de vraiment, au niveau du ressenti, être proche. Parce que si on tape avec des bouts de carton, on sent pas le ballon et c’est pas bon quoi.

MAXIME LUCU: Non. C’est exactement ça. Et c’est là toujours la différence. C’est vrai que quand j’ai acheté les crampons, c’est là que ça a complètement changé. Et tu prends de suite beaucoup plus de plaisir. Et vu, comme je te disais, les enjeux qu’il y a autour, c’était important si je veux passer numéro un buteur, de prendre ces responsabilités-là aussi. Et puis c’est un peu aussi ce qui m’a lancé dans ma carrière, m’a fait reconnaître un petit peu, donc j’ai bien fait de me poser ces questions. Parce que sinon, j’aurais pu laisser le but à quelqu’un d’autre et avoir moins de responsabilités, puis derrière avoir moins de… Entre guillemets “faire moins montre trou”.

Oui, oui. Voilà, peut-être on va avoir moins de temps de jeu. C’est vrai que ça se joue sur des détails. En tant que buteur, il y a pas beaucoup d’outils. Il y a l’outil crampons. Bon, il y a les ballons, mais bon vu que vous jouez en pro, souvent les ballons c’est des Gilbert Match XV j’imagine? C’est des super ballons ça.

MAXIME LUCU: Oui, c’est ça oui. Après, ça diffère avec BeRugBe des fois, certains clubs en ont. Mais bon, après il y a 5-6 clubs qui ont ça. Mais on a acheté des ballons depuis deux ans là, BeRugBe, quand on joue contre ces équipes-là. Mais la semaine on s’entraîne avec.

Et oui, forcément. C’est des détails, mais tu vois ça compte.

MAXIME LUCU: Oui, non, ça compte vraiment parce que c’est complètement différent. Et c’est vrai que moi c’est pour ça que je… Enfin je l’étais déjà avant, mais j’étais jamais très dur avec les buteurs quand il y avait des pénalités en face ou quoi, ou quand ça loupait des dernières pénalités à la dernière seconde, ou pour gagner. Parce que c’est là que je me rends compte que c’est différent. Il y a des jours ou tu peux être fort, il ya des jours ou t’es dans la même santé, t’es complètement différent et tu loupes tout. Donc c’est quand tu butes que tu te rends compte que c’est différent. Que c’est très dur.

Et durant ton parcours un peu… Alors je t’ai posé peut-être un peu la question tout à l’heure sous une autre forme, mais ça fait dix ans que tu butes environ. Que tu as cette responsabilité-là. Est-ce qu’il y a eu un ou des buteurs qui t’ont marqué, voir inspiré dans cet exercice particulier qu’est le tir au but?

MAXIME LUCU: Forcément, même si c’est différent, mais il y a Jonny Wilkinson, qui est resté dans ça un monstre, même s’il était gaucher. Après, j’aimais beaucoup moi quand j’étais jeune Titou Lamaison, qui butait hyper bien. Et au début, je me rappelle vraiment que les passes je les prenais un peu comme lui. Enfin c’est bête, mais cinq derrière, quatre à gauche. Ou des trucs comme ça. Et en fait, non, après je regarde beaucoup la qualité des buteurs. J’aime beaucoup la façon de taper de Morné Steyn du Stade Français. J’aime beaucoup. Il tape vraiment avec la tête en bas en fait, où il rentre vraiment dans le ballon. Que ce soit des 22 ou des 50, il tape fort. Et ou il rentre dedans. Donc j’ai ça. Après, non, il y en a beaucoup. Moi je regardais beaucoup de buteurs, mais il ya vraiment des mecs comme ça oui où j’apprends un peu d’eux. Et ou la clé de la frappe, je viens un peu comme eux. On a eu la discussion avec Lionel Le Bouhris, où ça aurait été bien aussi je pense que tu fasses l’interview, parce que lui sur ça c’est un peu un “fou”, entre guillemets, sur le but. Lui en fait, il était beaucoup dans les mêmes pas que Wilkinson et tout. Et en fait moi c’est ce en quoi je voulais pas rentrer en fait. Parce qu’après, c’est passer beaucoup trop de temps à le regarder, et puis à te regarder moins.

Oui c’est sûr. Il faut essayer de s’inspirer sans copier. Du coup, je rebondis juste sur Morné Steyn. C’est vrai que quand il était avec l’équipe nationale, je crois qu’il avait atteint les 95% de réussite à un moment donné. C’est absolument… Presque inatteignable. Et sur son Instagram, alors je sais pas si c’est Instagram, mais sur son Instagram, souvent il poste des petits morceaux de son entraînement. Et c’est pas mal pour s’en inspirer tu vois.

MAXIME LUCU: Oui. En fait lui j’aimais beaucoup sa façon de taper. Puisque moi le gros problème que j’ai, c’est quand il faut doser ou quand c’est proche, quand il faut se relâcher parce que c’est pas assez facile et tout. En fait c’est là où j’ai le moins de réussite, où je loupe le plus de pénalités. Et j’ai besoin en fait de rentrer tout le temps dedans. Enfin c’est bête, mais on est complètement différent. Moi j’ai pas trop le toucher de balle qu’ont certains. En gros la facilité, quand ils sont près, de changer leur façon de taper. Un peu comme Beauxis en fait, où il a la façon de taper vraiment, tu sens qu’il est serein. Il a un toucher de balle qui est vraiment beau. Donc je te dis, moi je peux pas faire ça. Doser j’y arrive pas en fait. Et en fait, en le regardant lui, je me disais: “Il tape vraiment bien, il tape fort, il rentre bien dedans.” Et il a une qualité de frappe que moi je trouve l’une des plus belles devant un but. Et c’est vrai que du coup, je l’ai un peu regardé taper. Du moins j’essaie de rentrer un peu comme lui dans le ballon. Après je fais pas exactement ce qu’il fait, mais l’approche en fait j’essaie de faire un peu comme lui. C’est vrai que son Instagram c’est vraiment pas mal, ce qu’il y fait et tout. Ça permet de rentrer dedans, c’est bien. Même si des fois, il a des manques de réussite, j’aime beaucoup.

Ça arrive à chaque buteur, mais on parlera de la question des erreurs. Je crois que c’est une de mes dernières questions, parce que c’est une grande partie. Ensuite, je voulais simplement -parce que là on parle beaucoup de tirs au but, mais le demi de mêlée a un rôle assez important dans le jeu au pied pendant le match. Notamment au niveau des coups de pied de dégagement, derrière le ruck, ou les petits par dessus. J’ai l’impression moi, avoir remarqué que l’Irlande utilise beaucoup ce genre de coups de pied avec leur 9, Conor Murray. Est-ce que toi c’est quelque chose que tu travailles autant que le tir au but, ce genre de coups de pied spécifiques du numéro 9?

MAXIME LUCU: Les années précédentes, quand je butais, je passais peut-être moins de temps dans ça. Mais j’avais quand même un rappel avec Laurent Mazas, qui me faisait un peu montrer l’importance de ces coups de pied, pour sortir du camp par exemple des 22, pour trouver une bonne touche, des choses comme ça. Donc je le travaillais forcément, mais peut-être un peu moins. Et notamment les coups de pied à la récup’ en fait. J’avais pas énormément de précision. Je tapais, mais jamais forcément de la même façon. Et donc en fait, le fait d’avoir Pierre Bernard qui est arrivé, et le fait qu’il ait pris le but, je m’entraîne beaucoup plus à taper ces ballons là. Parce qu’on se rend compte, comme tu dis, comme les équipes comme l’Irlande, ou comme ça. Quand tu vas à l’extérieur ou des matchs comme ça, importants, ces situations de match sont très importantes pour mettre la pression. Pour récupérer les ballons. Pour amener des pénalités et tout ça. Donc je travaille beaucoup plus maintenant ça que le but. Du coup j’essaie d’avoir beaucoup plus de précision. En plus de ça, je me suis mis à, depuis cette année, même si je travaille en arrière, à me mettre à taper du gauche aussi pour sortir du camp et tout ça. C’est vrai qu’au fur et à mesure de travailler, c’est de mieux en mieux. C’est vrai que c’est très important, il faut y passer énormément de temps. Je pense même beaucoup plus que le but.

Oui, et ça me rappelle une interview de Yachvili, qui disait qu’il était gaucher et qu’il avait complètement abandonné l’idée de taper du droit, et qu’il savait rien faire du droit. Il a dit: “Bon, ça a marché pendant ma carrière, mais bon.” C’est vrai que c’est pas mal de travailler les deux pieds, mais c’est loin d’être évident parce que ça peut être vite décourageant. Mais oui, c’est important de travailler les deux pieds, ne serait-ce que pour avoir la base. Parce qu’un jour, si on se retrouve coincé sur le mauvais côté, bon, ça peut vraiment dépanner.

MAXIME LUCU: C’est vrai que moi quand j’étais jeune, on faisait beaucoup de foot avec les copains et tout ça. C’est vrai que c’est bête, mais comme disent certains, en ce moment les vieux coachs ils disent, quand ils voient des jeunes jouer le mercredi après-midi, quand nous on s’entraîne dans les stades, ils sont contents parce qu’ils se disent: “Voilà, c’est là en fait que t’apprends un peu la tactique individuelle, que tu sors un peu de chez toi, que tu fais du sport.” ils aiment pas, en gros, les mecs qui jouent maintenant avec leurs réseaux sociaux, leurs Playstations, les choses comme ça. C’est vrai que nous on était beaucoup à Saint-Pée à jouer au foot et tout ça. Du coup le pied gauche tu le travaillais sans le vouloir, mais tu t’en servais en fait. Du coup, c’est toujours resté en moi, mais j’ai jamais travaillé dessus. Je l’utilisais de temps en temps, mais sans technique. Des fois ça marchait, des fois ça marchait pas. Et en fait, maintenant je le travaille beaucoup plus, et ça va devenir très important maintenant dans le nouveau rugby, parce que tu continues quand tu te retrouves enfermé dans le mauvais côté. C’est très dur, du droit, de trouver un bonne touche, de te dégager. Donc de sortir par le pied gauche, c’est important. C’est vrai, comme tu dis, c’est très dur. Il y a des entraînements où forcément, t’es moins à l’aise que le droit parce que t’as moins travaillé et du coup, t’envoies beaucoup plus de saucisse, t’es découragé. Mais là moi, plus je m’entraîne, mieux je me sens en fait. Et on l’utilise de plus en plus dans l’équipe, et c’est vrai que de faire une passe 15 mètres derrière ou de prendre un pied gauche du ruck, en fait tu trouves pratiquement les mêmes touches qu’un 10 qui a énormément de pied comme Pierre Bernard. Donc au final tu te dis: “Bon ben pour éviter un contrer ou quoi, autant…” Mais bon après c’est sûr que là, il faut vraiment travailler, et c’est pas donné à tout le monde, donc il faut passer un peu plus de temps dessus mais bon. Après, ça vaut le coup. Moi je suis en train d’y travailler. Je suis pas forcément meilleur, mais à force peut-être que ça viendra et que ça soulagera l’équipe.

Avec les années ça viendra.

MAXIME LUCU: C’est ça voilà. Ça vient un petit peu là, mais bon c’est pas non plus…

Oui, il faut être patient. Faut être patient dans ce genre d’entreprise. Ça peut être long mais… Après, il ya des gens qui sont ambidextres, mais je crois qu’ils sont sont pas nombreux.

MAXIME LUCU: Non. [Rires] Moi je le suis pas en tout cas. J’ai quelques facilités, ça va, mais c’est pas trop, j’ai du mal.

Alors dis moi, j’avais une question plus par rapport aux obstacles que t’as pu rencontrer. Donc en fait, comme on l’a dit tout à l’heure, ça fait 10 ans en gros que tu tires au but, que t’as cette responsabilité en match. Quel a été le plus grand obstacle que t’as rencontré, toi, dans le tir au but? Vraiment, un truc qui t’as à un moment bloqué, et comment t’as pu le dépasser en fait?

MAXIME LUCU: Ce qui m’a bloqué, c’est l’année où il y a pas eu de fusion en fait, avec le Bayonne là, où ça s’est pas très bien passé. Et en fait, on s’est retrouvé l’année d’après à jouer avec des mecs… Avec pas forcément d’effectifs si tu veux. Les contrats ont été choisis au dernier moment parce qu’on savait pas ce qu’on allait être. Donc on a eu un début de saison un peu difficile. Et en fait, ça c’est un peu ressenti, même s’ils voulaient pas me le dire, je pense mentalement, et en fait on perdait beaucoup de matchs en début de saison. Je crois qu’on était à 2 victoires sur 10 matchs ou 9 matchs, et beaucoup de défaites à 2, voir 5-6-8 points, où j’ai loupé quand même pas mal de points au pied. Je loupais des points faciles au pied, où ces points-là auraient pu nous faire gagner.

Effectivement, ce début de saison l’année après la fusion annulée a été un peu délicat. Comment toi tu as pu passer à un autre stade, passer au-delà? Est-ce que c’est le travail? Qu’est-ce qui t’as permis une petit peu de passer à autre chose, de progresser?

MAXIME LUCU: Forcément c’est le travail. Le travail, qui permettait d’oublier, et c’est là où ça a été encore plus important comme je te disais au début. C’est d’aller taper seul en fait. D’aller taper seul, où j’étais bien d’aller taper seul, je me posais pas de questions. Je déroulais en fait. Et je me disais: “Voilà, ça me fait du bien.” Mais après, où ça a été important c’est de travailler mentalement en fait. C’est là où Laurent Mazas a été important, où il me disait voilà, il savait très bien lui comment était l’état du club, que la situation n’était pas forcément facile, que les résultats n’étaient pas là. Qu’on avait l’équipe pour pouvoir jouer mieux, mais on y arrivait pas parce que mentalement on y était pas. Donc il m’a dit: “T’inquiètes pas, c’est des choses qui arrivent. Concentre-toi sur le rugby, sur ce qu’il y a à côté, et le but tu verras que ça viendra tout seul.” Donc je continue à m’entraîner, mais je me sortais le but de la tête. Et en fait, entre guillemets on a envoyé pas mal de matchs pour revenir petit à petit, et c’est là qu’en fait c’était revenu. En fait le plus important c’est une transformation qui va te faire basculer dans le positif comme dans le négatif. C’est quand tu trouves la transformation qui te bascules dans le positif, là il y a tout qui bascule. Moi je sais très bien que pour me mettre dans un match, il me faut vraiment une pénalité dure en début de match, qui peut être, je sais pas, à 50 mètres, en coin, ou comme ça. Et si celle-là je la met, là je me fais du bien. C’est comme ça que je me suis fait du bien dans la saison. J’ai pu revenir. Depuis là, j’ai réussi à dérouler, à moins me poser de questions et à me dire que c’est la première qui est importante. Si tu la mets c’est parti. En fait, en travaillant comme ça, ça m’a rassuré dans tout, dans mon jeu et tout ça. C’est ça qui te lance dans un match.

D’accord, oui t’as repris confiance petit à petit. De mettre la première te permettait ensuite d’engranger un peu plus de confiance.

MAXIME LUCU: Je me concentre vraiment sur ça. Il ya une anecdote, c’est qu’à l’échauffement des fois, ça arrive je pense à tout le monde, mais je loupe complètement tout. Et c’est arrivé à Agen je me rappelle à un match. Et en fait j’arrivais pas, j’arrivais pas. J’étais presque à deux doigts de laisser le but à un autre avant le match, et en fait j’en ai eu une à, je sais pas, 48 mètres, la première. Et je me dis: “Bon voilà, t’as tout loupé pendant l’échauffement. Celle-là elle est importante. T’as juste à frapper fort et voilà.” Du coup c’est celle-là qui m’a lancé. Et j’avais fait un 100%, alors qu’à l’échauffement j’avais fait 100%, mais dans l’autre sens.

Oui je vois. Ce qu’on peut observer aussi, alors je sais pas si tu l’as connu, c’est que de faire 100% à l’échauffement, c’est en général pas bon signe. [Rires] Parce que l’inverse est aussi vrai j’ai l’impression.

MAXIME LUCU: Oui, non, quand tu fais 100% à l’échauffement, enfin quand tu vois qu’au bout de 5 pénalités, la frappe elle est parfaite, elle est fluide, elle est nickel et tout. Que ce soit en coin, en 40 et tout. Moi je me dis souvent: “Faut que j’arrête parce qu’après il faut pas que je laisse tout le jeu comme ça, parce qu’après dans le match quand j’ai la première je la chie complet, parce que j’aurais trop tapé, trop laissé de jeu. Donc en fait, dès que je commence à taper bien et tout, je me rassure sur les 3-4 premières, mais j’arrête de taper et je me concentre sur mes passes, sur mon jeu au pied dans le jeu courant, des choses comme ça. Et au contraire, quand tu loupes tout à l’échauffement, faut pas se buter à faire 15 pénalités, parce que c’est là où tu te frustres et tu sors de ton match, et tu peux chier ton match. En fait c’est beaucoup psychologique le but.

C’est un petit peu ma question d’après. Je voulais te demander, selon toi quelles étaient les qualités principales d’un buteur? Alors que ce soit autant au niveau corporel, au niveau de la souplesse ou des coordinations, mais aussi au niveau du “mental” entre guillemets, et de l’état d’esprit. C’est quoi un petit peu selon toi les qualités qui aident un buteur?

MAXIME LUCU: Déjà, il faut savoir que pour être buteur voilà, on sait qu’on a les qualités de l’être. Donc il y aura forcément des moments difficiles, mais il faut se dire vraiment qu’il faut être sûr de soi, qu’on a bien buté dans le passé, donc pourquoi d’un coup ça marche pas? Il faut partir sur des choses simples et tout ça. Pour moi la qualité première c’est croire en soi, être fort dans sa tête mentalement. Parce que je crois que c’est l’atout majeur d’un buteur, parce que tu peux avoir la force, tu peux être précis, mais tu l’as que si mentalement t’es bien. Si t’es pas bien dans ta tête, tu buteras mal, tu seras pas concentré, tu t’énerveras. Donc je pense que c’est d’être sûr de la qualité de son jeu au pied, être sûr de soi. Et puis ne rien lâcher. Ne pas se dire que parce qu’on loupe une pénalité -même si c’est très dur à faire- ne pas se mettre au fond du seau. Moi le premier, je me suis beaucoup mis au fond du seau alors qu’il faut pas. Il faut justement se rassurer avec des choses simples. Et après corporellement, mais je vais pas te dire que moi je suis le mec qui s’étire énormément. Je suis pas forcément dans ça. Je m’étire forcément un peu parce qu’il faut, sinon il y a un risque de blessures. Mais je suis pas dans travailler forcément les hanches spécifiquement, dans travailler les ischios, dans travailler les choses comme ça. Je m’étire, mais corporellement moi je me dis juste, comme je te l’ai dis, voilà moi j’ai appris par les différentes façons de taper que j’ai travaillé: qu’il fallait que je rentre dans le ballon, qu’il fallait que ma tête reste un peu en regardant le tee, et regarder les poteaux au dernier moment. En fait quand je tape, pas regarder directement où le ballon part mais attendre un peu. Baisser la tête et rester gainé. Mais ça je l’ai que depuis deux ans. Avant, je m’asseyais en arrière, j’enroulais le ballon. Et en fait j’ai travaillé dans ça, plus que dans travailler les ischios comme certains, ou les hanches, ou le bassin ou les choses comme ça pour le muscler et rester gainé. Je travaille plus sur ma façon de frapper qu’autre chose spécifiquement. Je suis pas forcément un gros travailleur des étirements et tout ça.

Oui, après chacun se connaît…

MAXIME LUCU: Oui, voilà c’est exactement ça en fait. T’en as qui ont besoin de s’étirer plus que d’autres. Moi je sais que je m’étire pas forcément beaucoup et moi ça marche. Donc après, peut-être qu’en étirant ça marcherait pas, mais j’ai travaillé comme ça donc je continue comme ça.

Et est-ce que, alors c’est un peu la question à un million d’euros, imaginons il y a un jeune buteur qui nous écoute, un Cadet qui commence à avoir cette responsabilité-là, est-ce que t’aurais peut-être un conseil à donner? Alors rentrer dans le ballon: oui. Essayer de garder la tête un peu basse, et pas se relever trop vite effectivement. Est-ce que t’aurais peut-être un autre conseil à donner à un jeune buteur? Quels conseils toi t’aurais peut-être aimé qu’on te donne quand t’étais Cadet et que t’as commencé par exemple?

MAXIME LUCU: Après, en fait tout dépend de la façon de taper. Le but, en tout cas c’est sûr que le but il faut pas le commencer quand t’arrives dans les années Reichel ou Espoirs, enfin moi je pense. J’en ai vu qui ont commencé à taper dans ces catégories-là, et c’est complètement contre nature en fait. C’est vraiment beaucoup de travail, il faut vraiment passer beaucoup de temps. Moi je sais que j’y allais pour rigoler, mais je passais les après-midi à aller au stade à Saint-Pée, avec une dizaine de potes on faisait… Certes, on était pas très bon buteurs, mais au moins on apprenait à taper. Je pense que vraiment, le conseil premier c’est savoir la façon de buter que l’on a, la façon de taper dans un ballon. Que ce soit un ballon de foot ou un ballon de rugby, ça change pas vraiment en fait. Et du coup passer du temps dans ça et commencer très tôt. Après, c’est à force, prendre quelqu’un pour t’apprendre à taper et […]

Ça s’est arrêté à “commencer tôt, prendre quelqu’un pour apprendre à taper”, et ensuite?

MAXIME LUCU: En gros oui, parce qu’il faut forcément quelqu’un qui te corrige, parce que des fois en tapant tu vois pas tous les détails. Ça c’est spécifique, c’est vrai que moi avec mon oncle ça m’a fait du bien d’apprendre à avoir une façon de taper. Après tu la corriges au fur et à mesure, suivant ta réussite devant les poteaux et tout ça. Mais moi je pense que le plus important c’est le travail, et passer du temps à apprendre à taper. À taper, et après croire en soi. Moi je prends des responsabilités aussi quand on est dans une équipe de buter, parce qu’en entraînement forcément tout rentre, et puis quand tu vas louper tu risque riens. Personne te dit rien. Tu te dis: “Voilà je l’ai mal tapée, la prochaine elle va rentrer.” Et souvent c’est ce qui arrive. Mais par contre, prendre les responsabilités quand on est en jeune joueur, ou quand on est en Cadets, de prendre la responsabilité du but très jeune. Même si à l’entraînement il ya pas de réussite, parce qu’après pendant le match tu prends de l’assurance, tu te dis: “Bon ben voilà, celle-là je l’ai mise l’autre fois en match, ça nous a fait gagner. Je vais utiliser la prochaine fois la même façon et voilà.” En fait c’est le match qui te fait rentrer dedans, parce que l’entraînement au final ça te fait pas beaucoup travailler mentalement.

C’est vrai qu’on peut être champion du monde à l’entraînement, et en match voilà, il faut se confronter à la pression du match un petit peu.

MAXIME LUCU: Oui, voilà exactement. Ou j’étais vraiment intouchable à l’entraînement et je me dis: “C’est abusé, si j’ai tout ça en match, il peut y avoir 40 pénalités, elles passeront toutes.” Sauf qu’en match, t’as un placage tout à fait mal juste avant, t’as un truc comme ça, et du coup il faut la mettre parce que t’es déjà à 15 à 3 et il faut revenir, des trucs comme ça. Et c’est là où l’importance du buteur est d’autant plus importante, et c’est où l’expérience grandit, où le buteur devient encore plus fort. Parce que moi j’ai eu deux années où ma réussite elle était vraiment, je sais pas, de 95% de Morné Steyn, moi je pense que je faisais même pas 65 comme ça. J’étais vraiment pas très bon. Et c’est après, les deux dernières années là, où j’étais vraiment assez régulier, je tournais dans les 80-85, ce qui est pas mal, mais qui n’est pas non plus énorme.

C’est quand même très bien. [Rires] Je pense que beaucoup de buteurs aimeraient avoir 80-85.

MAXIME LUCU: 80 oui, où j’arrivais un peu à me sentir mieux, et c’est là où tu grandis. Donc le conseil, comme tu dis, c’est rentrer dedans, garder l’équilibre en fait, être gainé. Et après, beaucoup travailler et prendre l’initiative quand on est en match.

Oui. Oui c’est vrai que l’expérience des matchs souvent aide beaucoup plus à grandir. Et ça va du coup amener ma question suivante, qui est en fait la dernière. C’est la dernière question, parce que le dernier article que j’ai écrit là sur mon blog pour l’instant, il concerne l’échec, et comment gérer un peu l’échec chez un buteur. Alors toi, comment tu gères un peu l’échec? Est-ce qu’à l’entraînement, tu re-tapes du même endroit? Tu passes rapidement à autre chose? Est-ce que t’as trouvé des petites solutions pour justement, comme tu disais tout à l’heure, pas te mettre au fond du seau et continuer à se dire: “Bon voilà, la prochaine va passer, pas de soucis.”

MAXIME LUCU: Forcément, oui, tu l’as dit. C’est un peu Laurent Mazas qui m’avait dit ça. C’est que quand t’en loupes une, même quand tu loupes trois pénalités par match, les trois pénalités ben c’est les trois premières que quand t’arrives le lundi, tu les tapes. C’est les trois premières. Tu t’entraînes à ça et tu te rassures en fait en les tapant. Et quand elles passent forcément tu te dis: “Putain, pourquoi j’ai pas fait ça?” Et tu te rassures avec ça. Mais après oui, voilà, le plus dur c’est de pas se mettre au fond du seau. Moi je l’ai fait, comme je te disais, cette période où ça allait pas trop, je l’ai fait. Je prenais un peu le poid de la défaite sur moi parce que j’avais loupé ces points-là. Alors qu’auparavant, on avait loupé 40 occasions d’essais. Mais tu perds d’un point et tu te dis: “Si j’avais mis celle-là…” Et en fait je me mettais au fond du seau moi-même, et c’est pour ça que j’arrivais pas à sortir de ce cercle négatif. Et à force en fait, en travaillant ces pénalités-là, je revenais mentalement. Je revenais, et à force tu penses plus. Mais tu te dis: “Il faut pas te mettres les erreurs sur ça, parce que c’est très dur, et il faut juste travailler et le match d’après ça passera.” Mais il faut se dire que, c’est bête, mais il y a des matchs où ça rentrera pas. Même si tu travailles pour que ça rentre, il y a des matchs où n’importe quelles circonstances feront que tu louperas des pénalités qui seront importantes. C’est vrai que moi ça m’est arrivé, depuis ces deux ans là je m’étais mis au fond, depuis ces deux ans je m’y mets plus parce que je me dis: “Voilà, c’est des choses qui arrivent. Il y a des matchs où je vais faire gagner l’équipe et on me remerciera, et il y a des matchs je les louperais, on me tapera dessus. C’est comme ça.” C’est un peu la vie d’un buteur. C’est un peu le même rôle quand on est talonneur.

Oui. Tu sais, c’est un peu ce que j’ai écrit dans mon dernier article: c’est-à-dire qu’à un centimètre près, soit le buteur est encensé, soit on lui tapes un peu dessus. Quand on est buteur, il faut clairement se dire qu’il y aura forcément des échecs, forcément des échecs difficiles. Mais essayer de relativiser.Alors c’est pas compliqué, souvent, dans l’expérience d’un joueur au début effectivement, j’ai l’impression qu’on se met facilement au fond du seau. Et puis avec le temps on relativise et puis on continue à bosser. Et c’est quand tu relativises que tu relâches un peu de pression, et comme tu dis à un moment donné ça re-rentre et c’est tout bénef’ pour tout le monde.

MAXIME LUCU: Oui, c’est exactement ça. Ce que t’as dis c’est un peu ce qui m’est arrivé. T’as forcément un début difficile, et puis tu te remets en question, tu te dis que t’es une pipe et tout. Alors que non, c’est très dur, et il faut repartir sur des choses simples et voilà, moi je me dis que je suis très content d’être buteur. T’as des responsabilités dans l’équipe. T’es important pour l’équipe. Donc en fait t’as ton équipe qui compte sur toi. Ça, dans l’expérience d’un joueur, pour grandir, humainement aussi, et puis sportivement, c’est tout bénef’. Moi je suis content d’être passé par là, parce qu’au moins l’équipe elle compte sur toi, et quand tu gagnes tu te dis: “Putain, j’ai rendu heureux des mecs, des supporters, un club.” Donc moi je me dis ça maintenant, même si j’ai des échecs. Je me dis que les mecs ils ont qu’à venir à ma place, ils ont qu’à buter. C’est pas facile. Donc moi je profite de l’être, d’avoir cette responsabilité-là. Je gagne énormément de temps de jeu je pense grâce à ça, grâce au fait que je sois buteur. Donc je profite de ça et je me dis que, comme tu dis, forcément j’aurai des échecs mais c’est comme ça. Il faut faire avec. Et c’est là que tu vois un grand buteur: quand il ressurgit.

Oui, je crois même que dans l’autobiographie de Wilkinson, à un moment donné il dit qu’il a fait un 0 sur 6. Bon, il était adolescent je crois, mais ça arrive à tout le monde. Finalement, en guise de conclusion c’est pas mal, parce que tu dis que la responsabilité d’être buteur t’as permis de “grandir” entre guillemets en tant que joueur, et puis de progresser. Donc c’est vrai que c’est un rôle qui est pas forcément facile à endosser à chaque match, notamment quand il y a un échec. Mais c’est un beau rôle j’ai l’impression.

MAXIME LUCU: Oui, voilà. Forcément, c’est pas le plus simple des rôles, ça je l’admet. Je pensais pas que c’était aussi dur parce que quand t’es en jeunes, c’est pas très grave. Mais quand t’arrives en première, dès que t’en loupes une t’as le public derrière, des choses comme ça. Et puis la ferveur de l’extérieur aussi, qui te met la pression quand il y a une pénalité à taper. Donc je me dis que c’est très dur à gérer, mais je me dis que si t’y arrives, et que tu grandis dans ça, forcément que ta carrière elle t’as appris quelque chose. Tu joues au rugby, tu joues pro pour ressortir grandit un peu aussi. Et en tout cas moi, le fait d’avoir buté, ça m’a fait grandir, et je suis très content d’apprendre de tout ça. Même si j’ai eu beaucoups de bas, j’ai eu des hauts aussi, et c’est là où tu savoures encore plus. Donc moi je profite de ce rôle-là pour en profiter, c’est cool.

Oui, pour t’épanouir dans ta carrière.

MAXIME LUCU: Je trouve que ça a été important dans ma carrière pro, dans mon début en tout cas.

J’étais arrivé à la fin de mes questions. Je te demandais si tu avais quelque chose à rajouter, et moi en tout cas je te remercie pour tout le temps que tu m’as accordé malgré les petites coupures techniques.

MAXIME LUCU: [Rires] Non, t’inquiètes. Non, non, c’était très bien franchement. C’est cool que tu fasses des articles comme ça franchement. Ça permet, comme tu dis, à toi-même qui est buteur, ou à certains de lire ça. Chacun a une approche différente donc c’est vraiment important, je l’avais jamais fait. C’est là que tu te rends compte en fait que pas mal de choses sont importantes, en discutant, donc non j’ai pas forcément grand chose à rajouter, mais en tout cas je te remercie parce que c’était cool. Et puis franchement, n’hésite pas à demander à plein de joueurs, comme je te disais à Yohan Le Bouhris ou d’autres, que Léo Bastien connaît. Parce que si ça peut t’enrichir et faire enrichir pas mal de monde à côté c’est vrai que c’est pas mal.

Merci beaucoup de ces compliments, et puis je demanderais à Léo, gentiment, quelques coordonnés pour continuer cette aventure. Merci en tout cas Maxime, parce que t’as été la première interview de mon blog, donc je suis hyper honoré.

MAXIME LUCU: Moi aussi en tout cas. [Rires] Et si tu veux m’envoyer le blog aussi par message, comme ça j’irais le voir, pour voir un peu. Ça m’intéresserait.

Ok, impeccable. De toute façon, je t’envois le lien par message et puis tu pourras naviguer. Il y a quelques articles sur le tir au but. Voilà, tu pourras les lire si tu as le temps, si ça te dit. Et puis je te remercie une dernière fois et à bientôt j’espère.

MAXIME LUCU: Ok, parfait. Merci beaucoup et à bientôt. Ciao.

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