L’élan est un élément essentiel de votre tir au but. Il représente la distance qui sépare le ballon et le buteur. Comme tout les éléments de base du tir au but, certains fondamentaux sont à respecter. La prise d’élan conditionne la course d’élan et donc la réussite du tir au but. Nous allons voir ici les 3 fondamentaux  : la prise d’élan, la pause, l’élan vers le ballon.

1 / La prise d’élan

Owen Farrell prenant ses pas de recul. Crédit : M+MD

Le recul est le moment où le buteur s’éloigne du ballon, pour prendre de la distance afin de donner de la puissance à son coup de pied. Quand le buteur recule, il doit faire systématiquement le même nombre de pas. Sans cela, les repères sont bouleversées et la possibilité d’être régulier dans les tirs grandement entamée. La distance entre le buteur et le ballon doit être toujours la même !

Pour cela, trois points sont primordiaux ! Ils sont directement tirés du dossier sur le tir au but de rugby pro training :

  1. Partir du même endroit, juste derrière le ballon
  2. Reculer dans les mêmes directions
  3. Faire le même nombre et la même grandeur de pas

1.1 Partir du même endroit

Il est conseillé pour les buteurs de placer son pied d’appui (le gauche pour les droitiers et inversement) à côté du ballon. Le milieu du pied au niveau du milieu du ballon. L’écartement entre les deux pieds correspond généralement à la largeur du bassin. Au moment de cette prise de marque, le pied d’appui doit se placer à l’endroit où vous allez le poser de nouveau au moment de la frappe. Ce pied d’appui est positionné en direction de votre cible, il est le pied directeur.

1.2 Reculer dans les mêmes directions

Certains buteurs reculent dans l’axe du ballon puis se décalent. D’autres au contraire reculent directement “en diagonale”. Aucune des deux solutions n’est idéales, l’essentiel étant d’arriver toujours au même endroit, peu importe le chemin emprunté.

Jonny Wilkinson reculait de 4 pas, se décalait de 5 sur le côté pour ré-avancer d’un petit dernier pas.

Daniel Carter recule de 5 pas et se décale de 3… Avant une course d’élan peu académique, on y reviendra…

1.3 Faire le même nombre et la même grandeur de pas

Comme vous le savez, le tir au but nécessite de la régularité. Cette régularité se décline aussi au niveau du nombre et de la grandeur des pas à effectuer. Ce nombre variera en fonction des buteurs, de leur style personnel, de leurs repères, de leur zone de confort.

Un faible nombre de pas en arrière permet une approche courte et hyper contrôlé vers la balle. Le risque d’erreur est ici très infime.

Un grand nombre de pas fait croître la distance entre le ballon et le buteur. En général ce dernier arrivera en courant vers le ballon dans ce cas de figure.

La différence du nombre de pas sur le côté est une variation de l’angle d’ouverture du pied du buteur. Par exemple, Beauden Barrett se décale peu sur le côté et a une frappe plutôt direct. Même observation pour Romain Teulet ! Ronan O’Gara et Chris Patterson se décalaient beaucoup sur le côté et avaient une ouverture de hanche très importante.

Ronan O’Gara. Crédit : Éamonn Ó Muirí

 

Romain Teulet, se positionnant presque “en face” du ballon. Crédit : François Péquillat

Les pas en arrière se comptent généralement en 2 et 5, sur le côté entre 1 et 3.

Ce recul représente une prise de marques et de repères pour le buteur. Ce dernier doit avant tout chercher et trouver des repères dans lesquels il se sent à l’aise et qui sont faciles à reproduire. En effet, la régularité de cette prise d’élan est essentiel à la régularité du coup de pied. Si cette prise d’élan n’est pas régulière, le buteur n’arrivera pas de la même façon devant le ballon lors de la frappe et augmentera significativement le risque d’échec ! Cette prise de repères peut demander du temps mais est un élément facile à intégrer et à reproduire.

 La régularité de la prise d’élan est un pré-requis à la régularité de la frappe du buteur !

2 / La pause ou temps d’arrêt

Jonny Wilkinson, pendant ce temps de “pause”. Crédit : Simon Williams

Le buteur vient de poser son ballon sur le tee et prendre quelques pas de recul… C’est un moment crucial de concentration. Le buteur rentre dans sa bulle, fait abstraction du bruit et de l’agitation de l’environnement et essaye de se concentrer uniquement sur son tir. A ce moment précis, plusieurs facteurs sont importants : la respiration, la visualisation, les routines gestuelles, le regard etc.

Des articles seront consacrés à ces thèmes fondamentaux pour la préparation du buteur. Par ailleurs, vous pouvez retrouver un de mes articles sur la question du regard et des cibles juste ICI <–

3 / L’élan vers le ballon

Owen Farell pendant sa course d’élan. Crédit : M+MD

Dans cet élan vers le ballon pour la frappe, deux éléments sont essentiels : le chemin et la vitesse !

3.1 Le chemin

Jonny l’a dit : “plus la course est directe, plus le geste est fluide.”Source

Par “directe” il entend certainement droite, rectiligne, sans virage. Jonny Wilkinson avait effectivement une course directe et droite vers la balle. Cette option permet de diminuer les approximations dans des petits pas sur le côté au moment de la course. Le chemin le plus court, c’est tout droit !

Il se trouve que Jonny Wilkinson est une référence dans le domaine du tir au but. Il est effectivement le second meilleur réalisateur mondial de tout les temps !!! Mais le premier est Dan Carter… Et ce dernier à une course indirecte ! Il effectue des petits pas sur le côté avant de s’élancer vraiment en direction du ballon. Cependant, il me semble que Daniel Carter représente l’exception qui confirme la règle tant aujourd’hui l’immense majorité des buteurs ont une course directe !

Le chemin est avant tout composé de pas. Leur nombre, comme pour la prise d’élan, doit être identique à chaque frappe. Quand le chemin est grand, le buteur arrive souvent en courant et ses premiers pas sont en général de petites tailles (Cf Jonny.W). La direction du chemin s’articule donc avec la vitesse du joueur !

3.2 La vitesse

Quelle soit rapide ou lente, la vitesse doit être avant tout contrôlée. Vous trouverez d’excellents buteurs arriver en marchant vers le balle : Owen Farrell, Morgan Parra, Aaron Cruden… Les “coureurs” sont aussi nombreux : Dan Carter, Jonny Wilkinson, Leigh Halfpenny…

La course permet d’obtenir une vitesse crescendo et d’augmenter sa puissance. Elle nécessite donc une rythmicité bien établie et un niveau de coordination plus important. Vitesse ne doit donc pas rimé avec précipitation et désorganisation gestuelle. C’est pour cela qu’il est conseillé pour les jeunes buteurs de construire un rythme contrôlé par une approche plus lente au départ.

Certains changements au niveau de la vitesse peuvent être effectués avec le temps. Dans son autobiographie, on découvre que Jonny Wilkinson n’a pas tout le temps couru lors de son élan vers le ballon. Pour lui, dans sa technique individuelle qui lui est propre, arriver en marchant l’obligeait à libérer toute son énergie au dernier moment. C’est donc sous l’impulsion de Dave Alred, son coach de jeu au pied, qu’il a adopté une course d’élan plus rapide, basé sur un tempo crescendo ! Ainsi, il a pu donner plus de puissance à ses coups de pied, plus naturellement !

Il est rare d’observer des buteurs adopter d’emblée la course. L’intégration des coordinations motrices nécessitent un premier temps sur un tempo plus lent.

Conclusion

La prise d’élan est un élément fondamentale du tir au but. Elle a une importance égale si ce n’est supérieur par rapport à la frappe de balle ! En effet, c’est la régularité de la prise et de la course d’élan qui va déterminer la qualité de votre coup de pied (placement du pied d’appui, zone du pied concernée, zone du ballon contactée, équilibre, traversée etc). Le buteur doit trouver ses propres repères, par l’expérience et la réflexion.

Merci pour votre lecture ! N’hésitez pas à laisser un commentaire pour livrer vos questions et/ou votre expérience de buteur ! 🙂

Partager l'article
  •  
  •  
  •  
  •  
  • 12
    Partages
Catégories : Tir au but

Laisser un commentaire







Téléchargez le guide gratuit du buteur !